Le Murmure des Contes

Sous forme de dialogues, les deux grands réinventeurs du conte en France évoquent leur itinéraire et leur lutte pour redonner à cet art toute sa valeur. Avec des contes inédits de Henri Gougaud et un lexique des différentes formes prises par le contes : devinettes, proverbes, etc.

Le_Murmure_des_Contes_couvHenri Gougaud est né à Carcassonne en 1936. Très jeune, il a manifesté un goût prononcé pour la littérature et la poésie. Auteur et compositeur, il chante lui-même ses chansons dans les cabarets de Saint-Germain-des-Prés, il en écrit pour d’autres. Homme de radio, il raconte sur les ondes, puis se consacre à l’écriture et publie plusieurs recueils de contes dont il raconte les récits lors de veillées publiques ainsi que des romans. Il crée le Festival d’Alès et dirige plusieurs revues de conteurs.

Bruno de La Salle est né à Toulon en 1943. Grand voyageur, il commence à raconter très jeune et se préoccupe dès les années 1970 de former de jeunes conteurs. Il initie plusieurs festivals, fonde le CliO, premier organisme chargé de la promotion et de la diffusion du conte, ainsi que le premier salon du livre de contes et des conteurs. Il remet à l’honneur l’épopée et crée de nombreux spectacles musicaux, adaptant les grands textes du patrimoine. Il est aussi écrivain.

HG : …Le dénominateur commun, pour moi, à toutes les histoires, mythes, contes nobles (je parle des contes merveilleux) rumeurs, légendes, toutes les histoires que l’on se raconte, c’est une affirmation incessante que la vie ne se réduit pas aux apparences, à ce que propose le monde.

BLS : J’imagine ces rumeurs comme des parfums, des assemblages de mots pris presque au hasard, des images qui s’évanouissent pour réapparaître ailleurs et sous une autre forme… La parole des contes de fées se distingue de l’autre, utilitaire et quotidienne, par une intensité de sentiment, d’énergie, un élan. La célébration des choses invisibles qui nous habitent exige cette intensité et, sans doute, aspire à la danse, au chant, à la beauté. Cette culture de la beauté n’est pas gratuite, elle est là pour nous permettre d’atteindre cet état particulier où la célébration est possible.

HG : C’est aussi une parole qui m’enseigne, me fait réfléchir et, mine de rien, m’explique la vie. Cette sagesse des contes pas toujours sages… Avoir une telle parole en bouche n’est pas anodin. Le conte, …ce n’est pas un texte oublié sur un rayonnage de bibliothèque ou dans un carton d’archives, c’est aussi ce qui est porté, par un homme, par une femme, qu’il se dise ou non conteur…C’est la rencontre d’un texte vivant avec un être vivant…Par la grâce de son histoire, conte de fées ou conte « paillard », il introduit de l’invisible dans le monde visible.

Edition Desclée Brouwer, 2002

Publicités

Laisser un message

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s