Le Dit du Devin

Arthur s’endormit et fit un rêve. Un vieillard s’adressait à lui : « Je suis celui qui connaît l’ombre , je connais la lumière aussi . De l’une à l’autre je voyage. Je sais tout ce qui est caché, ce qui le fut et le sera. Je sais quand finira la nuit. Avance avec moi et regarde la montagne que tu gravis, Devant elle tu es petit. Viens maintenant sur le sommet, Retourne-toi, regarde en-bas, vois d’où tu viens et où tu vas… » 

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Le récit

Presque jusqu’à aujourd’hui les pratiques de divination étaient familières aux peuples celtiques. Ils comprenaient la destinée comme un entrelacs d’événements dont les raisons d’être pouvaient être passées, présentes ou à venir. Ainsi est l’histoire de Merlin non encore achevée, et tout autant celle de son protégé, l’héroïque roi Arthur, orphelin, incestueux, malchanceux et pourtant glorieux autour de qui cette aventure mystérieuse de la quête du Graal s’accomplira. C’est ce thème du destin obscur, des temps confondus, de la gloire et de la misère que nous voulons évoquer en racontant l’histoire du roi Arthur, de sa naissance jusqu’à l’annonce de son terme.

Le récit se situe au milieu de l’histoire de Merlin. Il vient d’accorder son aide à Utter Pendragon, le second fils du roi déchu, afin qu’il reprenne la couronne du Royaume de Bretagne. Utter combat les envahisseurs saxons et obtient victoire sur victoire. Il tombe alors amoureux d’Yguerne, la femme du Duc de Tintagel. Utter envoie le Duc à la guerre dans l’espoir de l’y voir périr. Mais comme l’objet de son désir ne répond pas à ses avances, il obtient de Merlin la possibilité de prendre les traits de son mari pour passer la nuit avec elle. C’est alors qu’est conçu Arthur, tandis que le véritable Duc vient de mourir loin de là. En échange de cette nuit, Utter Pendragon avait promis à Merlin de lui offrir ce qu’il a de plus précieux. Le temps venu, le Devin exige pour tribut l’enfant qui vient de naître. Yguerne est contrainte de l’abandonner dans son berceau sur une rivière. Sur le berceau,elle écritces mots à l’adresse de Merlin : « il sera sous ta sauvegarde »… A la fin de sa vie, Utter plantera son épée Excalibur dans une enclume sur laquelle il fera graver ce testament : « Celui qui saura retirer Excalibur de son enclume saura conduire ce Royaume ». C’est là que notre histoire commence…

Le texte

Le récit original de la Quête du Graal de Robert de Boron que nous avons partiellement suivi n’a pas été versifié, contrairement à la plupart des œuvres qui lui sont contemporaines. Il n’était donc pas chanté non plus. Pour se rapprocher de ce que pourrait être une récitation bardique, Bruno de La Salle a choisi d’en faire une adaptation organisée en triples strophes de trois vers chacune et qui suive l’octosyllabe roman.

La musique

Jean-Paul Auboux s’est inspiré pour ce chant des systèmes modaux indiens auxquels il a eu déjà si souvent recours. Il a réalisé ici l’une de ses plus brillantes compositions mélodiques. Il l’a composée en 1984, à l’occasion de la dernière des trois grandes narrations que France Culture et le Festival d’Avignon avaient commandées au Centre de Littérature Orale. Elle fut interprétée initialement par cinq interprètes. Bruno de La Salle reprend ici l’ensemble de la narration et des chants de cet épisode. Il utilise comme à son habitude sa harpe de verre et est accompagné par Bruno Caillat aux percussions et François Vincent à la guitare électrique ; mélange des sonorités et des genres musicaux qui donne un retentissement renouvelé à cette légende quasi-millénaire.

Bruno Caillat : Percussions

Après des études à l’Ecole Normale de Musique de Paris, Bruno Caillat étudie la percussion persane auprès de Djamchid Chemirani qui lui confie en 1978 sa classe de zarb au Centre d’Etudes de Musiques Orientales (Paris-Sorbonne). Il s’initie au jeu de divers tambourins pratiqués en Asie centrale et dans les pays arabes et aux percussions de l’Inde. Il accompagne régulièrement d’éminents musiciens tels que D. Talaïet D. Safvatet fait partie depuis 1994 de l’ensemble de Kudsi Ergüner, célèbre joueur de ney turc. S’intéressant aussi aux musiques médiévales, il est membre depuis 1993 de Doulce Mémoire, l’un des meilleurs ensembles de musique de la Renaissance.

François Vincent : Guitare

Musicien autodidacte depuis 1980, François Vincent a suivi la formation du Centre de Formation des Musiciens Intervenants de Lyon en 1993. Il s’est consacré dès lors au jeune public (interventions en milieu scolaire, spectacles) et à son répertoire. Puis son parcours l’a amené à s’intéresser au récit et à développer cette pratique auprès des enfants. En 1997, il a suivi une formation auprès d’Henri Gougaud et il a intégré en 2001 l’Atelier Fahrenheit 451, centre de recherches sur les techniques de narration et les répertoires, fondé et encadré par Bruno de La Salle.

Le Dit du Devin

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