Chers amis, Bonne année 2017 ! …

…Que les contes nous accompagnent ! Ce sont des messages migrateurs qui nous arrivent de très loin. C’est dans les instants de tourmente qu’ils se révèlent indispensables. Ce sont des cadeaux de Noël pour tous les jours.

Les deux tourterelles

La guerre avait écrasé le pays. Les humains et les animaux qui le pouvaient s’étaient enfuis. Beaucoup avaient été tués, les autres cherchaient à manger et se cachaient. Un chasseur d’oiseaux s’était dit : le malheur des uns fait toujours le bonheur des autres. Et cet autre, ce sera moi. Et c’était vrai, il prenait des milliers d’oiseaux qu’il vendait ou bien qu’il mangeait.

Ce matin-là, il trouva dans un de ses pièges une tourterelle femelle. Ca commençait bien. Il allait la vendre un bon prix. Sinon il la mangerait pour Noël. Mais voilà que sur ce pays et justement ce matin-là, tomba un orage effroyable. Pendant plusieurs jours il dut fuir sans manger, sans boire, sans repos. Et comme ces pauvres oiseaux, aucun lieu ne voulait de lui. Il était trempé de la tête au pied, il avait froid, il avait faim.

Enfin, enfin il découvrit un arbre creux. Mais l’arbre était si torturé que le méchant ne pouvait pas y pénétrer. C’était là que la tourterelle s’était réfugiée avec son époux. Ils en avaient fait leur demeure. L’époux vit sa compagne emprisonnée. Il se mit à crier,  pleurer, l’appeler. La tourterelle l’apaisa. Elle lui dit : Nous avons beaucoup plus que lui. Nous, nous avons une maison. Laisse-le se mettre à l’abri, nos ancêtres nous l’ont appris, il est notre hôte. Donne-lui l’hospitalité, que notre maison soit la sienne.

Le mari tout terrorisé fit entrer le méchant chasseur. Mais celui-ci n’était plus qu’une loque de chair humaine transie de froid, de faim, de peur. La tourterelle demanda à son époux de faire un feu comme on le doit quand on reçoit. Le mari alluma un feu et le chasseur se réchauffa. Les deux oiseaux étaient heureux d’avoir pu le réconforter. Mais ils le voyaient affamé et n’avaient rien à lui donner. Eux aussi ils mouraient de faim. L’oiseau interrogea l’oiselle. L’oiselle interrogea l’oiseau. Ils s’interrogeaient du regard. Sans dire un mot l’oiseau se laissa tomber dans les flammes et sa chair devint un parfum. Sa compagne l’accompagna et quelques temps plus tard le chasseur voulut les rejoindre et devint lui-même un oiseau.

Que l’hospitalité nous fasse devenir oiseau !

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