Questions sur l’engagement d’un conteur occidental au XXIème siècle

A l’heure où ceux que l’on appelle les conteurs parlent de métier, de droits, d’appellations, de prétentions légitimes ou surévaluées, de perspectives et de recherches. A l’heure toujours bienvenue de s’interroger sur ce sujet, une histoire est bienvenue :

La Chanson de l’homme qui n’avait pas de métier

Vatchagan était fils de roi. Il s’était épris de la fille d’un tisserand, tisserande elle-même et il voulait l’épouser. Elle s’appelait Anaït. Vatchagan eut beaucoup de mal à convaincre ses parents. Il y parvint.Il en eut plus encore de difficultés à convaincre Anaït. Il n’y parvint pas. Elle ne voulait pas de lui.

Ce n’était pas qu’elle fut insensible à sa beauté, à son courage, à son intelligence, à son titre mais le plus important manquait. Pour elle, le plus important c’était qu’il possédât un métier. Un métier qu’il pourrait exercer en toutes occasions pour demeurer libre.  Et ce fils de roi ne savait rien d’un tel métier.

Vatchagan était si amoureux d‘Anaït et avait une si grande confiance en elle qu’il se soumit à sa volonté. Il apprit le métier de tisserand.Et ce ne fut que lorsqu’il le possédât vraiment que la jeune femme accepta de devenir son épouse.

A quelques temps de là, Vatchagan qui était devenu roi, voulut savoir ce qui se passait dans son royaume. Il voulait le savoir par lui-même. Il prévint sa femme de son intention et partit, déguisé en marchand, explorer son royaume. Il vit ce qu’il y avait à voir et que les rois habituellement ne voient pas.

Il vit, en particulier, un matin, sur la place d’un marché, un  vieil homme étrange que toute la population semblait craindre et respecter. Il fut intrigué, voulut en savoir plus sur ce personnage et s’arrangea pour parler avec lui. L’homme cherchait des artisans et payait bien. Vatchagan se proposa et fut engagé .

Il se retrouva bientôt, sans avoir pu s’y opposer, tant il y avait été conduit habilement, emprisonné. Enfermé avec beaucoup d’autres malheureux comme lui, dans des cavernes cachées et fermées, réduit à travailler jour et nuit sous peine d’être tué. Il n’y avait aucun moyen d’échapper à la vigilance et à la cruauté des gardes qui les surveillaient. Il n’y avait d’issue que l’épuisement et la mort.

C’est alors qu’il conçut son stratagème. Il proposa au vieil homme, qui ne rêvait qu’à s’enrichir, de réaliser un tissu tel qu’il lui rapporterait plus encore que tout ce qu’il avait gagné jusque là. Et il lui indiqua les rois et reines qui seraient disposés à l’acquérir et lui indiqua surtout la reine Anaït qui paierait plus encore que les autres.Le vieil homme accepta, fit apporter tout ce que demandait Vatchagan pour son ouvrage et attendit impatiemment que celui-ci fut terminée.

Le roi artisan devenu esclave se mit alors à confectionner un tissage où parmi les fils d’or et d’argent était inscrit toute son histoire de misère. Il y écrivit les chaines et les fouets, la sueur, le froid, la fatigue, la mort, les chemins qui l’avaient mené jusque là. Il y mit tout le désespoir dans lequel il était tombé et tout ce qui devait permettre de l’en sortir. Il inscrivit tout cela dans son tissage mais sans qu’une autre qu’Anaït puisse l’interpréter. Et quand l’oeuvre fut achevée, il la montra à son bourreau qui s’en émerveilla et se hâta d’aller la proposer à Anaït. Il fut payé plus vite qu’il n’avait pensé mais d’une manière bien différente.

Ainsi le roi Vachtagan fut libéré.

Ainsi se raconte la Chanson du roi qui avait appris un métier.

Quand à moi, qui l’ai racontée, cette histoire venue d’Iran, je ne suis pas roi. Et si je l’ai été un jour, les lieux tourmentés d’où je la raconte ne me permettent pas de m’en prévaloir. D’ailleurs je ne sais pas où je suis exactement, ni pourquoi, ni ce que l’on attend de moi.

Il y a si longtemps que je suis parti sans bagage et sans précaution, si longtemps que je suis tombé dans les abimes que je ne sais plus où j’en suis et que le seul ouvrage qui pourra sortir de mes doigts pour vous décrire mon état ne peut avoir pour nom que celui de “La Chanson de l’homme qui n’était pas roi et qui n’avait pas de métier”.

Ecrivain ?

Pour définir ce que je fais aujourd’hui, je n’ai jamais vraiment accepté le terme de “conteur” Et d’ailleurs, je n’en sais pas encore assez pour y prétendre.

J’ai eu ce que certains appelleraient la chance, l’opportunité et en tous cas l’obligation de devoir définir par moi-même ce que serait ma profession. Mais plutôt que la définir avant de l’entreprendre, les circonstances et, sans doute aussi, mon tempérament, ont fait que je l’ai d’abord essayée. Et le problème aujourd’hui c’est que je n’ai pas tout à fait fini mes essais pour pouvoir dire quelle est la forme, le contenu et le nom qui correspondrait à ce qu’il faudra bien appeler un jour un métier  J’ai essayé.

Une forte et agréable intuition  m’a conduit à cette situation.

Tout ça avait commencé, comme pour bien d’autres, vers la fin de mon enfance. J’avais écrit des poèmes et ce langage providentiel me convenait. J’allais devenir poète. Je n’y ai pas renoncé mais je n’étais pas vraiment certain que ce soit un métier et je voulais m’essayer à d’autres. Ma grand-mère, mon oncle avaient écrit et j’étais fier de leur héritage. Mes professeurs de français m’encourageaient à faire de même. Les autres désespéraient de mon avenir. Je me lançais dans l’écriture.

Qu’allais-je écrire et comment ? Comment serais-je utile à quelque chose, à quelqu’un, à la société par l’écriture? Et surtout comment allais-je obéir, à travers elle, à ce besoin irrépressible d’aventure dont tout adolescent ressent la nécessité ? Il me fallait le découvrir. Je m’y essayai.

S’il m’avait fallu dire ce que je voulais devenir alors, j’aurais dit que je voulais devenir écrivain. Je n’y ai pas renoncé.

Pourquoi, dans un premier temps, l’écriture ne répondit-elle pas à mon attente, je ne saurais le dire et surtout l’avouer. Mais le fait est qu’après avoir noirci de nombreuses pages je me révoltais contre ce moyen sans doute trop indirect et solitaire et je me lançai dans une exploration plus hasardeuse qui me ramena à la poésie orale.

Poète ?

Tout naturellement je m’engageais vers les innombrables chemins possibles et souvent à peine ébauchés que laissaient autour de nous les dernières écoles littéraires et poétiques, et principalement les Surréalistes. C’est ainsi que je me lançai, après l’écriture, dans l’exploration aventureuse du parler de l’imaginaire. Pendant plusieurs années j’explorais les images auxquelles le rêve permet d’accéder et les paroles qui viennent pour le dire. Je capturais des auditeurs bienveillants et je les emmenais dans mes rêves.

Si j’avais dit, à cette époque, ce que je cherchais, j’aurais dit que je voulais être voyant. Je n’y ai pas renoncé.

Je m’exerçais à cette  » voyance  » pendant quelques années, à ma manière. Les évènements de Mai 68  me conduisirent vers d’autres chemins. Je ne voulais plus pratiquer une poésie qui me paraissait trop élitiste. Je voulais un art utile et accessible à tous, un art poétique, littéraire, onirique, oral certes,mais populaire.

Conteur ?

Je me décidai pour cela à apprendre,  à étudier le travail de ceux qui avaient pratiqué un tel art avant moi et depuis des siècles dans d’autres temps et d’autres lieux. J’y acquis la certitude que cet art devait passer par le récit. Je voulus devenir conteur d’histoires. Je n’y ai pas renoncé.

J’appris, en particulier, auprès de Marie-Louise Tenèze du Musée des Arts et Traditions Populaires, ce qu’étaient les conteurs traditionnels francophones et leurs oeuvres. J’appris aussi que je ne leur serais jamais comparable. Leur monde avait disparu avec eux et il m’était désormais inaccessible. Je n’aurais jamais de maitre comme ils en avaient eu.

J’aurais aimé être conteur mais je ne prétendis jamais à ce titre qui, encore à cette époque, pour moi et pour les folkloristes qui les étudiaient, définissait ces hommes, héritiers directs, qui avaient disparu avec leur transmission.

Ceux qui ne les avaient pas connus mais en avaient entendu parler, me l’attribuèrent, à moi et à tous ceux qui se mirent à raconter à cette époque. Bientôt ce terme eut un sens d’autant plus nouveau qu’il n’en avait encore aucun de précis. Il se mit à évoluer avec l’usage qu’en faisait le nombre de plus en plus grand de ceux qui y prétendaient. Je me vis enfermé dans la définition d’un métier qui, pour moi, ne l’était pas encore. Ce malentendu demeure.

Facteur d’histoires ?

Je n’avais jamais pensé ni cherché non plus la caution du passé. Je ne voulais rien d’autre qu’une forme d’expression contemporaine. Je voulais parler d’aujourd’hui, de moi, du monde et de mes voisins. La littérature orale me semblait devoir convenir à cet objectif pour peu que son vocabulaire d’images en soit reconverti.

Il me fallut cependant me soumettre, dans un apprentissage à distance, c’est à dire au travers des livres, aux oeuvres du grand passé, à leur beauté, à leur évidence, à leurs secrets pouvoirs. Tout en même temps, je conçus le projet téméraire de transposer ce qu’elles conservaient d’universel en situations et en expressions adaptées à notre temps. C’est encore mon intention aujourd’hui.

Il fallait vivre avec ces histoires, les comparer à ma vie, à celle des autres. Il fallait leur rendre leur beauté originelle, les soigner, les réparer, les restaurer, les faire briller. Tenter, comme il est légitime, de les comprendre, de retrouver leur raison d’être, et à travers leur sens et leur beauté, leur rendre autant que possible, leur destination.

C’est alors que je fus amené à cette tâche d’adapter et de transposer certaines de ces oeuvres pour qu’elles servent dans un temps nouveau comme elles avaient servi dans les temps anciens.

Lorsque je me trouvais devant ces pièces et ces morceaux de récits venus de tous temps et de tous lieux, que je les rassemblais comme les éléments d’un puzzle, m’interrogeant sur leur sens et leur secret, que j’en faisais une nouvelle histoire et que j’allais la raconter pour voir comment cela était compris, je me disais que j’étais Facteur d’histoire. Facteur, comme le sont les Facteurs d’instruments de musique remettant en état cet amas de matériaux qu’est un instrument abandonné avant qu’il ne retrouve sa musique. A cette époque j’aurai aimé être qualifié du titre de Facteur d’histoires. J’en serai encore honoré aujourd’hui.

J’aurai bien aimé prétendre aussi à ce titre ancien de Rapsode ou  Couseur d’histoires que l’on attribuait aux grands bardes qui étaient capables de relier toutes leurs histoires les unes aux autres et de remonter, à quelques endroits que ce soit, la succession des causes jusqu’à l’origine. C’est encore un chemin.

Joueur d’histoires ?

Lorsque je fus vraiment décidé à prendre le chemin de l’école que j’avais trop négligée quand il était temps. Lorsque je pus reprendre ma respiration après mes premiers plongeons dans l’océan des paroles recueillies dans les livres, je découvris la variété des genres qu’il me fallait apprendre si je voulais prétendre à devenir un homme de parole.

Il y en avait de toutes sortes, toutes reliées les unes aux autres, toutes nécessaires et conséquentes. Ma curiosité, mon sens du devoir, mon gout du défi  m’amenèrent à m’intéresser à celles qui étaient le plus éloignées de mon inclination naturelle, la rêverie. C’est ainsi que je me lançais dans l’exploration des devinettes, des proverbes, des histoires courtes, facétieuses ou édifiantes, des fables, des menteries pour lesquelles je ne me sentais à priori aucune disposition…

Ces oeuvres et leurs utilisations en public me conduisirent, après un apprentissage assez pénible, à la conviction de l’importance du jeu dans l’exercice de la parole artistique.

Je découvrais que ce principe de prise de parole allait bien plus loin qu’une simple distraction formelle, qu’il exaltait le pouvoir de questionnement du langage, son pouvoir de rassemblement et qu’il le protégeait aussi.  Et sans pouvoir jamais prétendre en définir la raison d’être originelle ni en délimiter les applications, je pus mesurer combien jouer et parler étaient proches. Je me dis alors que je deviendrai Joueur de langage. J’ai l’espoir de le devenir et quelques fois l’impression très furtive d’y parvenir.

Il apparait, en particulier, lors de ces  moments rares, où  racontant avec d’autres conteurs, parmi un public averti, se dessine, tout à coup une convention non-écrite mais évidente de partage des rôles, de jeux comme c’est le cas dans les sociétés africaines On ressent, alors, une exaltation, un plaisir, une joie simple de sentir  l’assemblée entière concernée dans la même aspiration que la vôtre.

Troubadour?

Lorsque j’ai commencé à raconter en public j’utilisais un instrument de musique. Je l’avais fabriqué chez les Frères Baschet qui m’avaient initié à leur art et au maniement de cette harpe de verre qui soutient si bien la parole. Elle était cependant très lourde et très encombrante et le travail de déménageur qu’elle m’imposait ajouté à la servitude de l’apprentissage de son jeu me faisait souvent remettre en cause son adoption. Pourquoi m’étais-je embarrassé d’un tel handicap? Pourquoi devais-je jouer de la musique en racontant ? La réponse était facile à trouver, trop facile.

Si j’utilisais un instrument de musique comme l’avait fait les aèdes, les griots, les troubadours et beaucoup d’autres c’était évidemment pour leur ressembler, pour m’inscrire dans leur lignée. Et si cela me posait une question c’était que cet instrument était lourd et que je ne savais presque rien de ce métier. Ce qui était certain pourtant c’est que j’aurai bien aimé être un troubadour. Devrai-je y renoncer un jour ?

Je pris donc cet instrument pour devenir troubadour et nous cheminions ensemble. Mais à quoi me servait-il exactement ? Et pourquoi les aèdes, les griots, les troubadours et les autres utilisaient-ils presque tous un instrument semblable ?

La réponse me fut apporté par Valéry Arzoumanov et je ne l’en remercierai jamais assez. C’est un compositeur russe de l’école de Léningrad aujourd’hui Saint Petersbourg avec qui j’ai travaillé pendant quelques années. Sa réponse était simple et lumineuse : la parole est une musique. C’est un ensemble de signes sonores qui, comme tous les langages, permet de représenter quelque chose qui n’est pas là. Il m’aida à comprendre que l’accompagnement musical d’une parole par un instrument de musique n’était pas là pour remplir les silences ou imiter les mouvements de la nature par la gesticulation d’un orchestre. En un mot je compris qu’une musique n’était pas là pour faire de la figuration ni cacher la médiocrité d’une parole; cet accompagnement d’une voix était là pour conduire la parole humaine à sa destination sacrée pourrait-t-on dire, à sa densité, à son intensité, à sa justesse à laquelle seule une grande parole peut nous conduire et par laquelle nous aimerions être habités. Nous, handicapés que nous sommes dans nos timidités ou nos exclamations grotesques. La musique, elle-même, est réciproquement, un autre aspect de la parole, elle en exprime la sensation, la volonté, le sentiment. Et l’une mariée à l’autre concourent à une expression plus forte, plus vivante et plus précise de ce pouvoir magique dont est dépositaire la parole.

Comme les anciens ou les nouveaux chanteurs de mots en Turquie, en Algérie, en Amérique centrale ou latine qui chantent, quelquefois, au péril de leur vie, je voulais devenir troubadour, griot, aède. Je me remis donc au travail et il me faudra encore et encore l’expérimenter. Essayer la  mélodie, la danse, la musique et celles des paroles dans le texte et dans la mémoire, et leurs résonances dans les assemblées. Il me fallut à nouveau mesurer l’espace qui me séparait de ce que les anciens avaient fait. Et je me disais que je ne parviendrais jamais à m’en approcher mais, là non plus, je n’ai pu me résoudre à renoncer à le tenter.

Voilà quelques années que cette exploration se poursuit et je me bats contre l’oubli de mes ambitions légitimes. Je ne voudrai renoncer à aucune. Elles sont devenues en moi aussi précieuses et familières que les membres de mon corps. Abandonner l’une d’entre elles serait comme une amputation.

Je reprend les chemins, les paroles, les histoires et les manières de les dire déjà empruntées et encore d’autres qui sont nouvelles pour les interroger encore et cette errance me montre bien que je n’ai pas encore de métier. Que je n’en ai pas et que je n’en aurai peut-être jamais sinon celui de pouvoir le dire ou de me l’imaginer.

Chercheur d’or ?

Parmi tous ces métiers auxquels j’ai rêvés, tous aussi désirables les uns que les autres et que je ne puis départager, il en est un que je n’ai pas encore nommé. Et il est si simple que peut-être il n’a pas de nom. Il est si désirable, si inaccessible et pourtant si proche, si indispensable à tous et si rarement saisi ou gouté qu’à force de l’avoir manqué on finit par l’oublier. Jamais, sans la certitude d’en disposer, je n’aurai osé me mettre devant vous, devant d’autres gens pour parler, moi qui ne savais pas parler. Jamais je n’aurai osé prétendre restituer un récit, moi qui n’avait pas de mémoire. Jamais je n’aurai invité d’autres gens, modestes amateurs ou professionnels à tenter de l’honorer à leur tour,  moi qui ne savais presque rien. Jamais je n’aurai rien tenté sans cette vertu, ce don, ce besoin, ce pouvoir que j’ai reçu et qui est donné à tous également, et qui est celui de chercher passionnément et partager ce que l’on aime.

A l’issue de cet inventaire sur mes intentions initiales et que j’ai intitulées : être tout à la fois, écrivain, poète, conteur, facteur ou joueur d’histoires, troubadour, musicien, chercheur d’or… je vois bien que ces pistes ne sont, en premier lieu, que l’expression du désir d’être identifié et reconnu par ceux avec lesquels je vis. Mais je vois aussi que ce désir est, en même temps, celui de découvrir et susciter une communauté d’aventure au sein de laquelle il serait possible de partager les découvertes et les questions qui se posent aujourd’hui  aux artistes de la parole. La principale de ces questions – et que ce désordre d’intentions ne contribue pas à éclaircir – étant celle de savoir en quoi les compétences ou les talents d’un tisserand de paroles aguerri – si ils existent – peuvent lui permettre de disposer pour lui-même et l’offrir aux autres, des moyens d’être libéré  des prisons où nous nous trouvons.

21 janvier 2003, actualisé le 9 novembre 2016

Photo Jiang Zhi